Et l’homme créa l’image
Un jeudi matin du mois de janvier 2003. Dans un petit bistrot, situé à deux pas de la gare Montparnasse, à Paris. Imperméable moutarde, casquette verte, Raoul Coutard pousse la porte du café « Le Vaugirard ». Une silhouette peu connue du grand public. Et pourtant… L’homme a, à présent, plus de soixante-dix ans. Derrière lui, un parcours cinématographique extraordinaire l’ayant amené, en qualité de directeur de la photographie, à travailler avec des réalisateurs reconnus, pour la plupart, comme incontournables. Parmi eux : Pierre Schoendoerffer, Jean-Luc Godard, François Truffaut, Jacques Demy, Costa-Gavras… « Le grand public ne connaît jamais les techniciens du film, sourit Raoul Coutard. Et je pense sincèrement que ce n’est pas plus mal, même si, sans le chef opérateur, par exemple, il n’y aurait pas d’images, donc pas de film possible. » Aujourd’hui à « la retraite », bien que n’hésitant jamais à donner un coup de main à ses amis – en témoigne notamment sa récente participation au film du réalisateur Philippe Garrel, Sauvage Innocence -, Raoul Coutard partage sa vie entre Nanterre, où il s’est installé depuis une quinzaine d’années, et une petite bourgade de l’Eure-et-Loir, au cœur de la campagne. C’est avec une simplicité et une humilité non feintes, qu’il évoque ses souvenirs de tournage et retrace, pour nous, plus d’un demi-siècle de cinéma.